Ce que mesure cette carte
Le surendettement des particuliers désigne une situation où un ménage ne peut plus faire face à l'ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. La statistique suivie ici compte les dossiers déposés auprès des commissions de surendettement de la Banque de France. Ce n'est pas le redressement judiciaire des entreprises ni une statistique des professionnels. En 2025, cela représente 148 013 dossiers en France hexagonale, pour 171 264 personnes concernées par ces dossiers, et un taux national de 267 pour 100 000.
Un dossier regroupe en général un débiteur, parfois un conjoint ou codébiteur. C'est pourquoi le nombre de personnes dépasse le nombre de dossiers : ce n'est pas un doublon, ce sont deux indicateurs distincts. Ce chiffre ne doit pas être confondu avec le stock de personnes fichées au FICP, un autre indicateur Banque de France. La carte ne mesure pas non plus l'ensemble des ménages en difficulté financière : beaucoup de personnes endettées ou en retard de paiement n'engagent jamais cette procédure. Un département au taux bas n'est donc pas forcément un territoire sans tensions budgétaires.
Pourquoi tombe-t-on en surendettement ?
Les causes se cumulent plus qu'elles ne s'excluent. La pauvreté monétaire reste centrale : 62 % des personnes surendettées vivent sous le seuil de pauvreté. 26 % sont en recherche d'emploi. S'y ajoutent les chocs de vie, séparation, maladie, perte d'emploi, et un endettement souvent tiré par les crédits à la consommation. En 2025, les dépôts progressent de +9,8 % par rapport à 2024, tout en restant 32 % sous le niveau de 2015. Autrement dit : une reprise récente, pas un retour aux pics d'il y a dix ans.
Géographiquement, les taux les plus élevés se concentrent surtout dans les Hauts-de-France et plusieurs départements du centre et de la Normandie. En tête, Pas-de-Calais affiche 475 pour 100 000. À l'opposé, Lozère reste à 164 pour 100 000. Un taux élevé signale une densité de dépôts, pas automatiquement « plus de pauvreté » au sens Insee : le recours à la procédure, la structure des crédits et l'accompagnement local jouent aussi.
Comment fonctionne la procédure ?
Le parcours commence par un dépôt auprès d'une commission de surendettement. La commission examine la recevabilité du dossier, puis oriente vers une solution : plan négocié, mesures imposées, ou procédure de rétablissement personnel avec effacement des dettes. Sur les dossiers traités en 2025, la Banque de France retient surtout des mesures imposées (44 %), un effacement total via le rétablissement personnel (34 %), des dossiers irrecevables ou clôturés (15 %), et des plans de conciliation (7 %). Ces parts décrivent l'issue du traitement, pas la carte des dépôts.
Les départements qui déposent le plus, et le moins
Les tableaux isolent les extrêmes du taux pour 100 000 habitants âgés de 15 ans et plus. À gauche : les taux les plus élevés. À droite : les plus bas. Cliquez une ligne pour zoomer sur la carte.
Top 5 - plus de dépôts / 100 000 hab.
| Pas-de-Calais | 475 pour 100 000 |
| Aisne | 472 pour 100 000 |
| Nord | 425 pour 100 000 |
| Yonne | 385 pour 100 000 |
| Seine-Maritime | 380 pour 100 000 |
Top 5 - moins de dépôts / 100 000 hab.
| Lozère | 164 pour 100 000 |
| Paris | 165 pour 100 000 |
| Loire-Atlantique | 166 pour 100 000 |
| Aveyron | 170 pour 100 000 |
| Haute-Savoie | 171 pour 100 000 |
Top 10 : du taux le plus élevé au plus faible
Le graphique classe les dix départements au taux le plus élevé, du plus élevé en haut au dixième en bas. On y retrouve surtout les Hauts-de-France, puis des départements de Normandie et du centre. Les volumes de dossiers peuvent diverger : un département peu peuplé peut afficher un taux fort, tandis que le Nord combine un taux élevé et un grand nombre de dossiers.
Ce classement mesure une densité de recours à la procédure. Ce n'est ni un indicateur de pauvreté au sens Insee, ni un classement des montants de dettes.
De quoi sont faites les dettes ?
Au niveau national, la structure des dettes des dossiers traités reste dominée par la consommation (44 %), devant l'immobilier (25,7 %), les autres dettes (17 %) et les charges courantes (13,4 %). Cette composition nationale ne se décline pas département par département sur cette page : elle sert de clé de lecture pour comprendre ce que « surendettement » recouvre aujourd'hui.
Les crédits à la consommation pèsent donc encore très lourd. Les charges courantes, loyers, énergie, télécoms, rappellent que le surendettement n'est pas seulement une affaire de crédits bancaires.
Quelles solutions après le dépôt ?
Une fois le dossier reçu, l'issue n'est pas unique. Les mesures imposées restent la voie la plus fréquente (44 %), suivies par l'effacement total dans le cadre du rétablissement personnel (34 %). La conciliation, plan négocié avec les créanciers, ne représente plus que 7 % des dossiers traités. Environ 15 % sont irrecevables ou clôturés.
Ces pourcentages portent sur les dossiers traités, un agrégat national distinct du taux de dépôts cartographié plus haut. Les deux lectures se complètent : où l'on dépose, et comment les dossiers aboutissent.
Comment lire la carte
- Couleur : plus le département est foncé, plus le taux de dépôts pour 100 000 habitants âgés de 15 ans et plus est élevé.
- Unité : toujours « pour 100 000 », jamais un pourcentage de la population.
- Clic / Top 5 : taux, nombre de dépôts et personnes concernées ; zoom sur le territoire.
- Champ : France hexagonale uniquement dans cette publication Banque de France, sans DOM.
- Périmètre : dépôts de dossiers, pas l'ensemble des ménages en difficulté financière.