Ce que signifie un site Seveso
« Seveso » désigne les installations industrielles qui détiennent des quantités importantes de substances dangereuses : produits chimiques, hydrocarbures, gaz, explosifs, pesticides, etc. Le nom vient de la catastrophe de Seveso, en Italie, en 1976. Depuis, l'Union européenne impose un classement et des règles de prévention pour limiter le risque d'accident majeur.
En France, ces sites font partie des installations classées pour la protection de l'environnement, plus connues sous le sigle ICPE. Toutes les ICPE ne sont pas Seveso : seules celles qui dépassent des seuils de quantité de substances dangereuses entrent dans ce régime. Le chiffre de référence national est celui du bilan 2025 de l'inspection des installations classées : 1 299 établissements Seveso III (702 seuil haut, 597 seuil bas). Pour la carte, Actus & Docs utilise la couche géographique officielle publiée par Géorisques et le BRGM : 1 352 sites au 14 octobre 2026. Les deux chiffres ne mesurent pas exactement le même objet : le bilan est un stock annuel ; la couche est l'inventaire cartographique tenu à jour, qui peut inclure des dossiers encore tagués Seveso après arrêt d'activité.
Pourquoi ce classement existe
Un accident sur un site qui stocke ou fabrique des produits dangereux peut provoquer une explosion, un incendie ou un nuage toxique, avec des conséquences hors de l'enceinte de l'usine. Le classement Seveso sert à identifier ces établissements, à imposer des études de dangers, des plans d'urgence et une information des riverains, et à concentrer le contrôle de l'État là où l'enjeu est le plus élevé.
Deux niveaux existent. Le seuil haut regroupe les sites aux quantités les plus importantes : ils font l'objet des obligations les plus strictes, notamment un plan particulier d'intervention avec les services de secours et les collectivités. Le seuil bas reste soumis à des règles renforcées, mais avec un dispositif un cran en dessous. Ce n'est pas un jugement sur la qualité de la gestion : c'est un seuil de quantité de substances.
Comment le statut se calcule
L'exploitant déclare les substances présentes et leurs quantités. Si elles dépassent les seuils fixés par la réglementation européenne et française, le site est classé Seveso seuil haut ou seuil bas. Le régime ICPE d'autorisation s'applique en général à ces installations. L'inspection des installations classées, portée par les DREAL en métropole et les DEAL outre-mer, contrôle le respect des prescriptions.
La carte Actus & Docs reprend la couche « Établissements Seveso » de Géorisques / BRGM, sans ajouter d'autres ICPE. Deux états d'activité coexistent : 1 282 sites en exploitation (avec ou sans titre), et 70 en fin d'exploitation. Un site en fin d'exploitation reste listé tant que la couche publique le conserve comme Seveso.
Où se concentrent les sites
La géographie Seveso suit l'industrie lourde, la chimie, le raffinage et la logistique énergétique. Sur la couche officielle, la Seine-Maritime arrive en tête avec 73 sites, devant les Bouches-du-Rhône (69) et le Nord (59) . Ports, vallées industrielles et bassins chimiques expliquent cette densité. À l'inverse, la couche ne pointe aucun site dans les Hautes-Alpes, la Lozère ni Paris intramuros. La Corse en compte 11 (4 en Corse-du-Sud, 7 en Haute-Corse).
Outre-mer, la Guyane concentre 27 sites, surtout autour de Kourou et des activités spatiales. La Martinique en compte 8, La Réunion 6 et la Guadeloupe 3. Mayotte n'apparaît pas dans cette couche Seveso WFS : l'absence sur la carte ne doit pas être lue comme un zéro officiel du bilan.
Top 5 - plus de sites
| Seine-Maritime | 73 |
| Bouches-du-Rhône | 69 |
| Nord | 59 |
| Isère | 58 |
| Rhône | 44 |
Top 5 - moins de sites
| Hautes-Alpes | 0 |
| Lozère | 0 |
| Paris | 0 |
| Cantal | 1 |
| Creuse | 1 |
Le graphique ci-dessous classe les dix départements au plus grand nombre de sites Seveso sur la couche officielle. Seine-Maritime, Bouches-du-Rhône, Nord, Isère et Rhône forment le peloton de tête. L'écart entre la Seine-Maritime et le 5e est de 29 sites.
Exploitation ou fermeture : lire l'état d'activité
Parmi les 1 352 sites, 1 282 sont en exploitation (presque tous avec titre, un seul sans titre), soit la quasi-totalité de l'inventaire. Les 70 sites en fin d'exploitation rappellent qu'un classement Seveso peut survivre à l'arrêt de l'activité, le temps que le dossier administratif évolue. Filtrer la carte sur « en exploitation » donne la lecture la plus proche du tissu industriel actif.
Ce que la carte ne mesure pas
- Pas un risque individuel : habiter près d'un point n'équivaut pas à un classement de danger personnel. Le risque dépend des substances, des scénarios et des mesures de maîtrise.
- Pas toutes les ICPE : carrières, élevages, petites installations hors seuils Seveso sont absents.
- Pas une note de sécurité : seuil haut ou bas décrit des quantités, pas la qualité de la prévention sur place.
- Pas un cadastre des riverains : les plans de prévention et l'information locale restent sur Géorisques et auprès des préfectures.
En métropole, 14 départements dépassent 25 sites, 32 en comptent entre 10 et 24, 47 entre 1 et 9, et 3 n'en ont aucun. Au total, 97 départements ont au moins un site Seveso dans cet extrait, métropole et outre-mer compris.