Combien de kilos de déchets par habitant, département par département
Chaque année, les collectivités collectent les ordures du bac gris, les emballages triés, le verre, et ce qui arrive en déchèterie. L'ADEME regroupe le tout sous le nom de déchets ménagers et assimilés (DMA) : le volume pris en charge par le service public, hors déchets purement « internes » de la collectivité.
Pour comparer les territoires, on ne regarde pas le tonnage brut : un département peuplé pèserait toujours plus. On divise le tonnage collecté par la population municipale. Le résultat, en kg/hab/an, est le ratio affiché sur la carte. En 2023, la France atteint 559,0 kg/hab pour 37,8 Mt collectées, soit une baisse nette par rapport à 2021 selon l'enquête nationale ADEME.
Pourquoi ce ratio varie-t-il autant ?
Le tourisme pèse lourd : les visiteurs produisent des déchets comptés sur place, alors que le dénominateur reste la population résidente. Les Landes montent ainsi à 1014,1 kg/hab, devant les Côtes-d'Armor et les Alpes-de-Haute-Provence. Littoral, stations et résidences secondaires gonflent souvent le ratio sans que les ménages permanents « jettent » davantage au quotidien.
À l'inverse, plusieurs départements d'Île-de-France se situent bas : les Hauts-de-Seine à 365,5 kg/hab, devant le Val-de-Marne et le Rhône. Densité urbaine, modes de collecte, part des apports en déchèterie et composition des ménages jouent aussi. Un ratio bas n'est pas un certificat de vertu écologique : c'est d'abord un indicateur de collecte rapporté aux résidents.
Sur la carte, 17 départements restent sous 500 kg/hab, 35 de 500 à moins de 575, 27 de 575 à moins de 650, et 20 à 650 kg/hab et plus (99 départements renseignés ; Guyane et Mayotte absentes de cette feuille).
Comment le chiffre est-il construit ?
L'enquête Collecte interroge les collectivités qui exercent au moins une compétence collecte ou déchèterie. Elle recense les flux en porte-à-porte, en apport volontaire et en déchèterie. Le ratio départemental divise le tonnage DMA par la population municipale Insee du territoire. Les ordures ménagères résiduelles, les collectes séparées et les apports en déchèterie entrent dans le total.
Ce n'est pas le total de tous les déchets produits en France : restent hors champ, par exemple, certains flux de filières REP hors service public, ou le compostage domestique non collecté. L'ADEME publie aussi des estimations élargies au niveau national ; la carte suit le ratio DMA du service public, comparable entre départements.
Lire la carte sans se tromper
Un département en teinte foncée ne signifie pas automatiquement « ménages moins responsables ». Il peut concentrer des flux touristiques, des déchèteries très fréquentées, ou une forte part de gravats et encombrants. Un département en teinte claire peut simplement avoir moins d'apports extérieurs au dénominateur « habitants ». Le bon usage : regarder son territoire, le comparer à la moyenne France (559,0 kg/hab), puis croiser avec le contexte local avant d'en tirer une conclusion.
Top 10 - ratios les plus élevés
| 1. Landes | 1014,1 kg/hab |
| 2. Côtes-d'Armor | 862,9 kg/hab |
| 3. Alpes-de-Haute-Provence | 798,4 kg/hab |
| 4. Var | 782,3 kg/hab |
| 5. Ariège | 729,2 kg/hab |
| 6. Finistère | 727,6 kg/hab |
| 7. Alpes-Maritimes | 725,5 kg/hab |
| 8. Charente-Maritime | 707,9 kg/hab |
| 9. Manche | 696,7 kg/hab |
| 10. Calvados | 696,1 kg/hab |
Top 10 - ratios les plus bas
| 1. Hauts-de-Seine | 365,5 kg/hab |
| 2. Val-de-Marne | 382,5 kg/hab |
| 3. Rhône | 400,1 kg/hab |
| 4. Yvelines | 429,3 kg/hab |
| 5. Paris | 430,2 kg/hab |
| 6. Seine-Saint-Denis | 442,6 kg/hab |
| 7. Bas-Rhin | 447,6 kg/hab |
| 8. Meurthe-et-Moselle | 453,2 kg/hab |
| 9. Essonne | 461,4 kg/hab |
| 10. Doubs | 467,5 kg/hab |
Les territoires qui collectent le plus, et le moins
Le classement haut est dominé par des territoires à forte pression saisonnière. L'écart entre les Landes et la moyenne France est de 455,1 kg/hab : trop large pour s'expliquer seulement par les habitudes des résidents.
Du côté bas, la densité urbaine et la structure des collectes pèsent. Paris et plusieurs départements de couronne restent nettement sous la moyenne nationale, sans que cela dise à lui seul le niveau de tri ou de prévention.