Taux de boisement : la France vue en hectares de forêt
On parle souvent de « départements forestiers » comme s'il s'agissait d'une évidence visuelle : montagne = forêt. L' Inventaire forestier national de l'IGN mesure autre chose, plus précis : le taux de boisement, c'est-à-dire la part de la surface départementale occupée par la forêt.
La formule est simple, et elle mérite d'être dite clairement : surface forestière (en hectares) ÷ surface totale du département (en hectares) × 100. Ce n'est ni le volume de bois sur pied, ni le nombre d'arbres, ni un classement du plus grand massif en hectares bruts. Un département très étendu peut abriter beaucoup d'hectares de forêt… et afficher un pourcentage moyen, si le reste du territoire est agricole, urbain ou minéral.
Les chiffres de cette carte reposent sur la moyenne des cinq campagnes de terrain 2020 à 2024 (fichiers publiés en octobre 2025). Ce n'est donc pas « la forêt en 2024 seule », mais un état moyen sur cinq ans. À l'échelle métropolitaine, la forêt couvre environ 32,0 % du territoire selon le mémento IGN - contre près de 19 % vers 1908.
Pourquoi la Savoie n'est pas dans le top
Les Alpes du Nord surprennent souvent. Selon l'IGN, l'Isère est à 39 %, la Haute-Savoie à 40 %, la Savoie à 35 %. Moins de la moitié du territoire est donc classée forêt. Le reste ? Alpages, rochers, glaciers, lacs, fond de vallée urbanisé… Autant de surfaces qui comptent dans le dénominateur et font baisser le taux, même quand les massifs boisés sont bien réels.
À l'inverse, la Corse-du-Sud culmine à 74,0 %, devant les Alpes-Maritimes, le Var ou les Landes (autour de 60 % et plus). Ces territoires consacrent une part bien plus élevée de leur surface à la forêt - pinède landaise, maquis et peuplements méditerranéens inclus dans la définition FAO / IGN.
Ce que la définition « forêt » inclut (et exclut)
Pour l'IGN, une forêt occupe au moins 0,5 hectare, avec une largeur moyenne d'au moins 20 mètres, des arbres pouvant dépasser 5 mètres à maturité et un couvert supérieur à 10 %. Les terrains à usage agricole ou urbain dominant sont exclus. Les peuplements momentanément déboisés ou en régénération restent classés forêt. Autrement dit : on mesure une couverture spatiale, pas la « qualité » sylvicole ni la production de bois.
Lire les couleurs sans se tromper
Sur la carte, plus le vert est foncé, plus la forêt occupe une grande part du département. Le record métropolitain est en Corse-du-Sud (74,0 %), le plus bas en Manche (6,0 %). Un taux élevé ne veut pas dire « mieux géré » ; un taux bas ne veut pas dire « sans arbres ». Pour le volume de bois ou la propriété (publique / privée), l'IGN publie d'autres indicateurs.
Cas particulier : l'IGN regroupe Paris, les Yvelines, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise dans un seul résultat « Île-de-France Ouest ». La Seine-et-Marne a son propre fichier. Les outre-mer sont hors champ de cette carte (métropole et Corse uniquement).