Ce que mesure ce pourcentage
Depuis une décennie, la Chine s'est imposée comme l'un des principaux fournisseurs de l'Union européenne - mais pas au même degré partout. Le chiffre affiché pour chaque pays répond à une seule question : sur 100 € d'imports provenant de l'extérieur de l'UE, combien d'euros viennent de Chine ? En 2025, la réponse moyenne pour l'UE-27 est 22,6 % - soit un peu plus d'un euro sur cinq.
Attention : ce n'est pas la part de la Chine dans tous les imports (qui incluraient aussi les achats à l'Allemagne, à l'Italie, à l'Espagne… à l'intérieur du marché unique). On ne regarde ici que le commerce extra-UE : États-Unis, Royaume-Uni, Suisse, Chine, Corée, Turquie, etc. La Chine est le partenaire Eurostat « Chine continentale » (hors Hong Kong). Un pays très intégré au marché unique peut donc importer beaucoup de Chine « en volume », mais afficher un % hors UE plus bas si ses autres partenaires extra-UE (États-Unis, Suisse…) pèsent encore plus lourd.
Pourquoi cet indicateur compte : il mesure une dépendance commerciale sur le périmètre hors UE, utile pour lire les débats sur la résilience des chaînes d'approvisionnement, la politique industrielle européenne ou les tensions géopolitiques - sans confondre avec la part de la Chine dans le PIB ou dans l'emploi manufacturier.
Exemple France : sous la moyenne européenne
17,6 % signifie qu'environ 18 € sur 100 € d'imports hors UE viennent de Chine. Les 82,4 % restants viennent d'autres partenaires hors UE (États-Unis, Royaume-Uni, Suisse, Asie hors Chine…). La France se situe clairement sous la moyenne européenne (20e sur 27) . Autrement dit : parmi les fournisseurs hors UE, la Chine pèse moins pour la France que pour l'UE-27 dans son ensemble - sans que cela signifie une « indépendance » industrielle.
Les pays les plus et les moins dépendants
Les tableaux ci-dessous classent les extrêmes du ratio Chine / imports hors UE. À gauche, les États membres où la Chine domine le plus le panier extra-UE ; à droite, ceux où d'autres partenaires (souvent États-Unis, Suisse ou Royaume-Uni) diluent la part chinoise. Cliquez une ligne pour zoomer sur la carte.
Top 5 · plus dépendants
| Pays | % hors UE | |
|---|---|---|
| 1 | Tchéquie | 39,8 % |
| 2 | Pologne | 31,2 % |
| 3 | Hongrie | 28,7 % |
| 4 | Estonie | 27,7 % |
| 5 | Lettonie | 26,6 % |
Top 5 · moins dépendants
| Pays | % hors UE | |
|---|---|---|
| 1 | Irlande | 12,0 % |
| 2 | Malte | 13,6 % |
| 3 | Croatie | 14,9 % |
| 4 | Autriche | 15,3 % |
| 5 | Chypre | 16,0 % |
Pourquoi les écarts entre États membres
Les pays les plus exposés en 2025 : Tchéquie (39,8 %), Pologne (31,2 %), Hongrie (28,7 %). À l'opposé : Irlande (12,0 %), Malte (13,6 %), Croatie (14,9 %).
Les écarts s'expliquent surtout par la structure industrielle (chaînes d'assemblage en Europe centrale, hubs portuaires comme les Pays-Bas) et par le poids d'autres partenaires hors UE (États-Unis pour l'Irlande, Suisse / Royaume-Uni pour certains voisins…). Un % élevé ne veut pas dire « tout vient de Chine », mais que la Chine pèse plus lourd parmi les partenaires hors UE.
Autre nuance : un hub logistique peut « gonfler » les imports enregistrés (réexportations) sans que la consommation finale du pays soit aussi chinoise. Eurostat mesure des flux commerciaux, pas la destination finale des biens dans le panier du consommateur.
Comment lire cette carte
- Couleur indigo : plus le violet est foncé, plus le pays dépend de la Chine pour ses imports hors UE.
- Clic pays : %, rang UE-27 et volume d'imports Chine (milliards d'euros).
- Top 5 : classements cliquables (plus / moins dépendants).
- Recherche : tapez un nom de pays pour le retrouver.
- Ce que ce n'est pas : ni la part de la Chine dans le PIB, ni dans tous les imports (intra + extra UE).