Deux moteurs, une seule carte
Un département ne gagne ou ne perd pas des habitants « par magie ». Entre deux 1ers janvier, l'Insee décompose l'évolution en deux contributions : le solde naturel (naissances moins décès) et le solde apparent des entrées et des sorties (arrivées moins départs, plus quelques effets de mesure du recensement).
Sur l'ensemble de la France, la population passe de 68 404 843 habitants au 1er janvier 2023 à 69 081 996 au 1er janvier 2026, soit +0,99%. La variation annuelle moyenne publiée par l'Insee est de +0,3% par an : le solde naturel est nul à ce rythme, et la hausse repose sur le solde migratoire apparent (+0,3% par an).
Pourquoi certains territoires grandissent, d'autres se vident
Là où les décès dépassent durablement les naissances, le solde naturel tire la population vers le bas. Cela concerne surtout des départements où la structure par âge est plus âgée (davantage de décès) et où les naissances ne compensent plus. À l'inverse, des territoires attractifs pour les actifs, les étudiants ou les retraités compensent, parfois largement, un déficit naturel par des arrivées nettes.
En tête, Mayotte progresse de +8,90% sur la période. À l'autre bout, Paris recule de -2,67%, malgré un solde naturel encore positif : le déficit vient surtout des départs nets. Autrement dit : on peut perdre des habitants tout en ayant plus de naissances que de décès.
Comment lire la variation 2023-2026
La couleur de la carte mesure la variation totale entre les deux estimations de population au 1er janvier : (niveau 2026 / niveau 2023) - 1. Ce n'est pas un flux de déménagements nominatifs. Le solde migratoire dit « apparent » se calcule par différence une fois le solde naturel retiré. Il mélange migrations internes, migrations avec l'étranger et écarts de qualité statistiques.
Les données 2024 à 2026 restent provisoires côté migrations : l'Insee prolonge les tendances observées sur les recensements récents. Mayotte fait l'objet d'un avertissement méthodologique particulier : les estimations publiées ici ne tiennent pas encore compte du recensement réalisé fin 2025 / début 2026.
Qui gagne, qui perd
61 départements voient leur population augmenter, 39 la voient diminuer. Cliquez une ligne pour ouvrir le département sur la carte.
Top 5 - plus forte hausse
| Mayotte | +8,90% |
| Corse-du-Sud | +4,07% |
| Haute-Garonne | +3,27% |
| Landes | +2,98% |
| Ain | +2,87% |
Top 5 - plus forte baisse
| Paris | -2,67% |
| Haute-Marne | -2,14% |
| Meuse | -1,77% |
| Ardennes | -1,68% |
| Indre | -1,55% |
Le classement complet des départements
Du plus dynamique au plus en retrait : le graphique ordonne les 101 départements selon la variation totale 2023-2026. Mayotte et la Corse-du-Sud tirent le haut du tableau ; Paris, la Haute-Marne et la Meuse ferment la marche. L'écart entre Mayotte (+8,9%) et Paris (-2,67%) est de 11,57 points.
Ces départements qui ne grandissent que grâce aux arrivées
39 départements combinent un solde naturel annuel négatif et un solde migratoire apparent positif, tout en finissant la période en hausse de population. Leur croissance tient aux entrées nettes, pas aux naissances. Corse-du-Sud, Landes ou Charente-Maritime illustrent ce profil « attractif malgré le déficit naturel ».
Ce que la carte ne dit pas
Elle ne mesure ni le logement, ni l'emploi, ni le niveau de vie. Un département en hausse n'est pas automatiquement « plus riche », et un département en baisse n'est pas forcément en crise économique. Elle ne sépare pas non plus, dans le solde migratoire apparent, les déménagements entre départements français et les flux avec l'étranger.