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Prisons 2026 : densités carcérales établissement par établissement

Au 1er septembre 2026, la France compte 90 020 personnes détenues pour 63 348 places opérationnelles, soit une densité carcérale de 142,1 %. Les maisons d'arrêt montent à 176,1 %, avec 8 347 matelas au sol.

Ministère de la Justice / DGAP - 1er septembre 2026 · 180 établissements

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Légende

Source : Ministère de la Justice / DGAP - 1er septembre 2026. Densité carcérale = personnes détenues ÷ places opérationnelles (indicateur officiel DGAP). Un point = un établissement (quartiers agrégés).

La France carcérale, établissement par établissement

La densité carcérale mesure le remplissage d'un lieu de détention : on divise le nombre de personnes détenues par le nombre de places opérationnelles, c'est-à-dire les places réellement disponibles. À 100 %, l'établissement est plein au sens administratif. Au-delà, il y a surnombre : plus de personnes que de places prévues. Au 1er septembre 2026, ce ratio atteint 142,1 % pour l'ensemble du territoire, avec 90 020 détenus pour 63 348 places.

Ce chiffre national cache des réalités très différentes. Les maisons d'arrêt, qui accueillent surtout les prévenus et les courtes peines, sont à 176,1 % (63 151 détenus pour 35 863 places) . Les centres de détention restent autour de 99,9 %, les maisons centrales à 96,2 %. La crise de place se concentre donc là où l'entrée en prison est la plus fluide : la détention provisoire et les peines courtes.

Pourquoi la surpopulation existe

Trois mécanismes se cumulent. D'abord, le stock de personnes écrouées continue d'augmenter : 107 700 personnes sont sous écrou au 1er septembre 2026, dont 90 020 détenues dans les murs et 17 680 écrouées non détenues (bracelet électronique, placement extérieur sans hébergement, etc.) . Ensuite, la capacité opérationnelle croît beaucoup plus lentement que les effectifs : sur un an, les places n'ont progressé que de 1,2 %, pendant que le nombre de détenus progressait de 6,8 %. Enfin, les maisons d'arrêt absorbent l'essentiel de la pression : on y place les prévenus en attente de jugement et une partie des condamnés à de courtes peines, sans le « numerus clausus » qui freine l'accès aux établissements pour peine.

Le symptôme le plus visible de cette saturation, ce sont les matelas au sol : 8 347 au 1er septembre 2026, contre 5 500 un an plus tôt, soit une hausse de 51,8 %. Ce n'est pas un détail de confort : c'est l'indicateur le plus brut d'un établissement qui n'a plus assez de lits pour tout le monde.

Comment se calcule la densité

La formule officielle est simple : densité = détenus présents ÷ capacité opérationnelle. La capacité opérationnelle peut être inférieure à la capacité « norme circulaire » : au 1er septembre 2026, 64 328 places théoriques contre 63 348 places opérationnelles , soit 980 places indisponibles (travaux, sécurité, vétusté…) . Les totaux nationaux de la page sont ceux du producteur. Sur la carte, quand un établissement regroupe plusieurs quartiers, on additionne détenus et places du fichier Justice, puis on applique la même formule officielle pour obtenir la densité du site.

Attention au piège de lecture : un petit établissement à 250 % peut peser moins, en nombre de personnes, qu'un grand centre à 160 %. C'est pourquoi chaque point combine deux informations : la couleur pour le taux, la taille pour les effectifs. Fleury-Mérogis illustre le cas : densité 179,3 % mais 5 064 détenus, le plus gros volume du parc.

MA/QMA = maison d'arrêt

CD/QCD = centre de détention

MC/QMC = maison centrale

CSL/QSL = centre de semi-liberté

SAS = structure d'accompagnement vers la sortie

EPM/QM = établissement pour mineurs

CNE = centre national d'évaluation

EPSN = établissement public de santé national

Où la saturation est la plus forte

Au niveau des directions interrégionales, Paris affiche la densité totale la plus élevée (163,5 %), devant Toulouse (159,3 %) et l'outre-mer (150,2 %). Strasbourg reste la plus basse de métropole (117,6 %). En maisons d'arrêt seules, Toulouse grimpe à 210,7 % et l'outre-mer à 199,8 %, devant Paris (187,1 %).

Sur la carte établissement par établissement, les records de Densité concernent surtout de petites maisons d'arrêt : La Roche-sur-Yon (270,6 %), Le Puy-en-Velay (255,6 %), Carcassonne (245,3 %), Fontenay-le-Comte (243,6 %), Amiens (239,9 %) ou Nîmes (238,7 %). Ces pourcentages extrêmes disent la saturation locale. Pour mesurer l'ampleur humaine, il faut croiser avec le volume : parmi les établissements les plus peuplés, Fleury-Mérogis, Fresnes et Marseille concentrent à eux seuls des milliers de personnes, souvent déjà au-dessus de 140 %.

Top 5 - densité

Maison d'arrêt de La Roche-sur-Yon 270,6 %
Maison d'arrêt du Puy-en-Velay 255,6 %
Maison d'arrêt de Carcassonne 245,3 %
Maison d'arrêt de Fontenay-le-Comte 243,6 %
Maison d'arrêt d'Amiens 239,9 %

Top 5 - effectifs

Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis 5 064
Centre pénitentiaire de Fresnes 2 370
Centre pénitentiaire de Marseille 2 030
Centre pénitentiaire Aix Luynes 2 028
Centre pénitentiaire Nantes 1 595

Top 5 - surnombre

Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis +2 240
Centre pénitentiaire de Fresnes +893
Centre pénitentiaire Paris la Sante +687
Maison d'arrêt Lyon Corbas +672
Centre pénitentiaire Aix Luynes +663

Le surnombre compte les personnes au-delà des places opérationnelles. Centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis concentre à lui seul 2 240 personnes en surnombre : c'est l'ampleur humaine du dépassement, pas seulement le pourcentage.

Combien d'établissements dans chaque classe

Sur les 180 établissements de la carte, 20 dépassent ou égalent 200 %, 58 se situent entre 150 et 200 %, 55 entre 100 et 150 %, et 47 restent sous 100 %. Environ 79,3 % des détenus de cette carte vivent dans un établissement à 120 % ou plus ; 47,5 % à 150 % ou plus ; 5,8 % à 200 % ou plus. La carte totalise 89 856 détenus, soit 164 de moins que le total France : établissements sans coordonnées exploitables ou hors périmètre de géolocalisation.

Le ministère publie aussi un décompte au niveau des quartiers (pas seulement des établissements) : 32 structures à 200 % ou plus, 75 entre 150 et 200 %, 31 entre 120 et 150 %, 22 entre 100 et 120 %, 120 sous 100 %. Un centre pénitentiaire peut donc avoir un quartier maison d'arrêt saturé et un quartier pour peine plus calme : le taux global de l'établissement lisse une partie de l'écart.

La hausse récente des effectifs

Depuis septembre 2024, la population détenue est passée de 78 969 à 90 020 personnes. La part des prévenus parmi les détenus reste élevée, autour de 27 % : 24 539 prévenus au 1er septembre 2026. Cette part explique pourquoi les maisons d'arrêt restent le cœur du problème : elles absorbent l'attente de jugement et une partie des peines courtes, sans pouvoir « fermer le robinet » comme un établissement pour peine.

Ce que la carte ne mesure pas

  • Pas le taux des seuls quartiers hommes : les chiffres officiels mélangent souvent hommes, femmes et mineurs dans un même établissement, ce qui peut diluer la saturation réelle des quartiers hommes.
  • Pas les conditions de détention : Densité élevée ne dit pas à elle seule l'état des bâtiments, des douches ou du travail médical.
  • Pas la durée moyenne de détention : un établissement peut être plein avec un fort turnover, un autre avec des peines longues.
  • Pas un classement de « dangerosité » : la carte décrit l'occupation, pas le profil pénal des personnes.
142,1 % Densité France
176,1 % Maisons d'arrêt
8 347 Matelas au sol
270,6 % Record carte

Questions fréquentes

Densité carcérale et taux d'occupation, c'est la même chose ?

Oui, dans le langage courant. Le ministère parle de densité carcérale : rapport entre le nombre de personnes détenues et la capacité opérationnelle. Au-dessus de 100 %, il y a surnombre.

Pourquoi la couleur et la taille des points sont séparées ?

La couleur montre le taux (à quel point c'est saturé). La taille montre le volume (combien de personnes sont concernées). Un petit établissement à 250 % et un grand centre à 160 % ne racontent pas la même histoire : les deux dimensions restent visibles.

Pourquoi les maisons d'arrêt sont plus saturées ?

Elles accueillent les prévenus et une grande partie des courtes peines. Les établissements pour peine (centres de détention, maisons centrales) fonctionnent davantage avec une logique de places disponibles, ce qui limite le dépassement. Au 1er septembre 2026, les MA/QMA sont à 176,1 %, contre environ 100 % pour les centres de détention.

Le taux officiel sous-estime-t-il la réalité ?

L'Observatoire international des prisons le souligne depuis des années : un taux global d'établissement peut diluer la saturation des quartiers hommes en y intégrant des quartiers femmes, mineurs ou semi-liberté souvent moins remplis. La carte reprend les chiffres officiels tels quels ; elle ne recalcule pas un taux « hommes seuls ».

Pourquoi 32 structures à 200 % côté Justice et 20 points rouges sur la carte ?

Le ministère compte des établissements ou quartiers. La carte agrège les quartiers d'un même établissement en un seul point. Un centre pénitentiaire peut donc compter plusieurs lignes à plus de 200 % dans le tableau, mais un seul point sur la carte, avec une densité de l'ensemble. En cliquant un établissement multi-quartiers, la fiche détaille chaque quartier.

D'où viennent les chiffres ?

Statistique mensuelle des établissements et des personnes écrouées, Direction générale de l'administration pénitentiaire, situation au 1er septembre 2026, diffusée sur data.gouv.fr. Les positions géographiques croisent les libellés officiels avec des référentiels ouverts (Wikidata / OpenStreetMap).

Sources

Producteur : Ministère de la Justice, Direction générale de l'administration pénitentiaire (DGAP), bureau de la donnée, de la recherche et de l'évaluation.

Base : GENESIS / traitement DGAP-SSER ; places opérationnelles : DGAP / EMS / EMS2.

Export ouvert : Statistique mensuelle de la population écrouée et détenue en France - data.gouv.fr (fichier 1er septembre 2026).

Page institutionnelle : Statistiques mensuelles Justice.

Méthode Actus & Docs : reprise des effectifs et capacités du fichier officiel. Totaux nationaux (90 020 détenus, densité 142,1 %, matelas au sol 8 347) = chiffres producteur. Un point = un établissement : somme des quartiers publiés, puis densité = détenus ÷ places opérationnelles. Couleur = densité ; taille = nombre de détenus. Écart carte / France : 164 détenus non géolocalisés. Les classes de couleur de la carte (4 paliers) agrègent les établissements ; le décompte officiel « établissements ou quartiers » reste cité dans l'article.

Fond de carte : tuiles CARTO / OpenStreetMap. Établissements d'outre-mer aux coordonnées géographiques réelles.