Ce que l'OFB appelle l'aire de présence détectée
Depuis son retour naturel dans les Alpes au début des années 1990, le loup gris (Canis lupus) s'étend progressivement en France métropolitaine. Pour suivre cette expansion, l'Office français de la biodiversité et le réseau Loup-lynx cartographient où la présence est détectée, maille par maille. L'effectif national, lui, est estimé à part, avec d'autres outils.
Une maille, ici, est un carré de 10 km de côté, soit 100 km². Si des indices retenus (ou constats de dommages « loup non écarté ») permettent d'attester la présence dans ce carré selon la méthode officielle, la maille est colorée. Ce n'est donc pas un point GPS sur un animal, ni un effectif de loups.
Pourquoi distinguer régulière et occasionnelle
Tous les passages ne se valent pas. Une présence régulière signale une installation durable d'un ou plusieurs individus sur le territoire. Une présence occasionnelle correspond à un passage ou à une présence plus sporadique : utile pour suivre le front de colonisation, mais sans conclure à une installation durable.
En 2024, le bilan officiel retient 59 800 km² de présence régulière (598 mailles) et 68 800 km² de présence occasionnelle (688 mailles). L'écart entre ces deux aires est de 9 000 km².
Comment la méthode des biennales chevauchantes fonctionne
Pour juger si une présence est récurrente dans le temps, l'OFB applique une méthode dite des biennales chevauchantes : on regarde la répétition des indices sur des fenêtres de deux années qui se chevauchent, plutôt qu'une photo figée d'un seul mois. L'idée est de séparer ce qui revient souvent de ce qui n'apparaît qu'épisodiquement.
Les données compilées pour ce bilan s'appuient notamment sur la Base d'indices Loup-lynx et sur des constats de dommages expertisés. Seuls les indices retenus et les constats « loup non écarté » alimentent la carte d'aire de présence. Les détails méthodologiques sont décrits sur le site officiel loupfrance.fr.
Où la présence régulière se concentre encore
Sur la carte, le bloc orange le plus dense reste le massif alpin et ses abords (Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes), avec des avancées visibles vers d'autres massifs et des mailles occasionnelles plus dispersées en front. À titre de lecture locale, si l'on rattache chaque maille à un département via son centroïde, Alpes-de-Haute-Provence concentre le plus de présence régulière dans notre agrégation (7 300 km²). Ce classement départemental n'est pas publié tel quel par l'OFB : il sert uniquement à situer la densité des mailles.
Ce que ces mailles ne disent pas
Elles ne donnent pas le nombre de loups. L'effectif national est estimé séparément par l'OFB, avec d'autres outils (dont le suivi génétique). Une commune dense peut tomber dans une maille colorée sans qu'un animal circule en centre-ville : le carré de 10 km couvre aussi les massifs autour.
Elles ne disent pas non plus « danger ici / sécurité là ». L'aire de présence décrit la détection de l'espèce selon le protocole officiel, pas un niveau de risque pour les personnes ni un inventaire exhaustif de tous les passages non documentés.