Comment trouver où se faire dépister
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Diagnostiqué tôt, il se soigne mieux : c'est le sens du programme national de dépistage organisé (PNDOCS). Tous les deux ans, les femmes de 50 à 74 ans sans symptôme ni facteur de risque particulier reçoivent une invitation à réaliser une mammographie chez un radiologue agréé, prise en charge à 100 % sans avance de frais.
La carte ci-dessus s'appuie sur l'annuaire de l'Institut national du cancer : elle affiche les centres agréés autour d'une commune ou de votre position, dans un rayon de 50 km. Cliquez un marqueur pour l'adresse et les infos utiles au rendez-vous. Pour le parcours officiel et l'invitation, le site Je fais mon dépistage reste la référence INCa.
Pourquoi se faire dépister
Le dépistage ne prévient pas le cancer : il cherche à le trouver avant les symptômes, quand les traitements sont souvent moins lourds et les chances de guérison plus élevées. Dans le programme organisé, la mammographie est lue par deux radiologues, associée à un examen clinique, et prise en charge à 100 % avec le bon d'invitation.
Répondre à l'invitation, c'est aussi entrer dans un parcours balisé : centres agréés, double lecture, bilans complémentaires si besoin. Ce n'est pas une obligation, mais un rendez-vous de prévention proposé tous les deux ans entre 50 et 74 ans. En cas de symptôme (boule, écoulement, modification cutanée), il ne faut pas attendre la prochaine invitation : consulter un médecin sans délai.
Comment fonctionne l'invitation
Entre 50 et 74 ans, l'assurance maladie adresse un courrier avec un bon de prise en charge. La femme choisit un radiologue agréé pour le programme ; la mammographie est lue deux fois, et un examen clinique complète le bilan. En cas d'anomalie, un bilan diagnostic suit.
Important : les taux SPF présentés plus bas ne comptent que les examens du programme organisé. Les mammographies prescrites hors invitation, en suivi individuel ou pour un symptôme, n'entrent pas dans ce chiffre. Un département « bas » n'est donc pas forcément un désert de radiologie : il peut aussi refléter davantage d'examens hors programme.
Une glissade depuis le début des années 2010
Sur la période 2024-2025, Santé publique France annonce un taux national de 45,7 %. En année civile 2024 seule, le taux tombe à 43,9 %. Après un maximum autour de 52,7 % en 2010-2011, la participation a lentement reculé, puis a chuté pendant la pandémie avant une reprise partielle. Les dernières périodes bisannuelles restent sous la barre des 50 %. Le graphique ci-dessous retient les jalons publiés par SPF : le pic, puis les trois dernières périodes nationales.
Évolution nationale (jalons SPF)
Taux de participation au programme organisé, femmes 50-74 ans. Pic 2010-2011 puis dernières périodes.
Des écarts départementaux qui ne se résorbent pas
Le taux national cache une géographie très contrastée. À Manche, le taux atteint 57,6 %. À l'opposé, Guyane reste à 17,1 %. Entre ces deux extrêmes, plus de 40 points séparent parfois des territoires voisins d'une même région. L'Île-de-France et plusieurs départements du Sud ou d'outre-mer affichent souvent des niveaux bas, tandis que des départements ruraux, normands ou du centre restent plus élevés.
Ces écarts ne se lisent pas comme un simple classement de « bons » et de « mauvais » élèves. Ils croisent l'histoire locale du programme, la densité de radiologues agréés, le recours aux mammographies hors invitation, la mobilité des patientes et la confiance dans le système de soins. La carte ci-dessous montre où la participation au programme organisé tient encore, et où elle décroche.
Participation 2024-2025 par département
Taux standardisé, femmes 50-74 ans. Zoomez et cliquez pour le détail.
Zoomez et cliquez sur un département pour voir le taux de participation
Légende - taux standardisé (femmes 50-74 ans)
Source : Santé publique France / Odissé · fonds CARTO / OpenStreetMap.
Une fois la carte lue, le graphique suivant isole les dix départements extrêmes : les cinq où la participation reste la plus haute, et les cinq où elle est la plus basse. Ce zoom sert à mesurer l'ampleur de l'écart, pas à expliquer à lui seul pourquoi un territoire décroche. Un département peut apparaître « bas » alors que beaucoup de femmes y passent encore une mammographie hors programme. À l'inverse, un taux élevé dit surtout que l'invitation organisée y trouve un meilleur écho.
Entre Manche et Guyane, l'écart dépasse 40,5 points de pourcentage sur la même période. C'est cette dispersion, plus que la moyenne nationale, qui dit où Octobre rose a encore le plus de terrain à gagner.
Top 5 - plus forte participation
| Manche | 57,6 % |
| Haute-Loire | 56,9 % |
| Bas-Rhin | 56,7 % |
| Hautes-Alpes | 56,2 % |
| Landes | 55,7 % |
Top 5 - participation la plus basse
| Guyane | 17,1 % |
| Paris | 27,2 % |
| Bouches-du-Rhône | 28,4 % |
| Hauts-de-Seine | 30,6 % |
| Haute-Corse | 33,5 % |
Départements en tête et en queue de peloton
Cinq plus hauts et cinq plus bas taux standardisés, période 2024-2025.
Lire la page sans se tromper
- Carte du haut : radiologues agréés via l'annuaire INCa, rayon 50 km autour d'une commune ou de votre position.
- Période bisannuelle : le programme invite tous les 2 ans ; le taux 2024-2025 agrège les deux années civiles.
- Population : femmes de 50 à 74 ans, taux standardisé Insee.
- Champ : mammographies du PNDOCS uniquement, pas l'ensemble des examens.
- Couleur : rose clair = participation plus faible ; rose foncé = plus forte.