Un plancher européen, des lois nationales au-dessus
La directive 2003/88/CE impose au moins quatre semaines de congés payés par an. Concrètement : si vous travaillez du lundi au vendredi, quatre semaines font 4 × 5 = 20 jours ouvrés. C'est cette conversion qu'Eurofound utilise pour comparer tous les pays en 2024, même quand une loi nationale compte en semaines ou en jours ouvrables.
19 pays sur 27 restent à ce plancher, dont l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas. D'autres lois nationales vont plus loin : l'Espagne et le Portugal à 22 jours, la France, l'Autriche, le Danemark et la Suède à 25 jours, le Luxembourg à 26 jours, et Malte à 30 jours en 2024.
Pourquoi le minimum varie selon les pays
Ce n'est pas une question de « générosité » : chaque État transpose la directive dans son code du travail avec des règles différentes. Certains comptent en semaines, d'autres en jours ouvrables. L'Allemagne reste au plancher de 20 jours pour une semaine de cinq jours, alors que l'Autriche fixe cinq semaines, soit 25 jours. Les accords de branche ou d'entreprise peuvent ensuite allonger le droit réel, mais la carte ne mesure que le minimum légal publié par Eurofound.
Malte a une particularité : sa base légale est de 24 jours, mais la loi ajoute des jours quand un férié tombe le week-end. En 2024, Eurofound publie donc 30 jours pour Malte, comme sur le graphique du catalogue. C'est ce chiffre que la carte reprend. Les autres pays restent sur leur minimum légal hors ce type de compensation.
Comment Eurofound harmonise les minima
Pourquoi parler de « semaine de cinq jours » ? Parce que le droit européen pose un plancher en semaines, alors que les codes du travail nationaux parlent souvent en jours. Pour comparer l'Allemagne, la France et Malte, Eurofound convertit tout en jours ouvrés d'une semaine type lundi-vendredi. Cinq semaines légales en Autriche deviennent donc 25 jours sur la carte.
Les chiffres viennent du catalogue Eurofound « Minimum number of days of paid annual leave, EU27 and Norway, 2024 », publié le 6 octobre 2025. La moyenne simple des 27 minima est de 21,5 j. Elle sert à situer un pays, pas à mesurer le temps libre réel d'un ménage.
Les minima les plus hauts, les plus bas
En tête : Malte à 30 j, Luxembourg à 26 j, Autriche à 25 j. À l'autre bout : Tchéquie à 20 j, Slovénie à 20 j, Slovaquie à 20 j. La France, à 25 j, se classe avec l'Autriche, le Danemark et la Suède, derrière Malte et le Luxembourg. Les tableaux ci-dessous séparent les maxima légaux et le grand groupe à 20 jours. Cliquez une ligne pour ouvrir le pays sur la carte.
Top 5 · minima les plus élevés
| Pays | Jours | |
|---|---|---|
| 1 | Malte | 30 j |
| 2 | Luxembourg | 26 j |
| 3 | Autriche | 25 j |
| 4 | Danemark | 25 j |
| 5 | France | 25 j |
Top 5 · minima les plus bas
| Pays | Jours | |
|---|---|---|
| 1 | Tchéquie | 20 j |
| 2 | Slovénie | 20 j |
| 3 | Slovaquie | 20 j |
| 4 | Roumanie | 20 j |
| 5 | Pologne | 20 j |
Le classement des 27 minima légaux
Le graphique reprend les 27 États membres, de Malte jusqu'au groupe des 20 jours. L'écart maximal est de 10 jours entre le plancher européen et Malte. La moyenne simple des minima est de 21,5 j, tirée vers le bas par les 19 pays restés à 20 jours.
Minimum légal de congés payés en 2024
Ce que la carte ne dit pas
Elle ne mesure pas les accords de branche, les RTT ni les jours réellement posés. Un minimum légal de 20 jours n'empêche pas un salarié d'avoir davantage sur son contrat. Elle ne remplace pas non plus un bulletin de paie ou une convention collective : Eurofound harmonise les minima légaux, pas la pratique des entreprises.